Alors que la Banque centrale européenne opte pour la prudence face à la devise européenne, l’économie belge affiche des signaux contradictoires entre dynamisme de l’emploi et tensions sociales. Tour d’horizon de l’actualité économique et politique de ce jeudi 5 février 2026.
2 %. C’est le chiffre clé à retenir de la réunion très attendue des gouverneurs de la Banque centrale européenne (BCE) qui se tient aujourd’hui à Francfort. Dans un contexte macroéconomique complexe, marqué par une volatilité des changes, l’institution monétaire a choisi de ne pas modifier sa ligne directrice, confirmant les attentes de la majorité des analystes.
Statu quo monétaire : l’impact de l’euro fort
La décision de maintenir le taux directeur principal à 2 % s’inscrit dans une conjoncture particulière pour la zone euro. La monnaie unique a connu une poussée significative, franchissant brièvement la barre symbolique des 1,20 dollar la semaine dernière.
Cette vigueur de l’euro agit comme une lame à double tranchant pour l’économie du Vieux Continent. D’un côté, elle constitue un allié de poids dans la lutte contre l’inflation : un euro fort rend les importations – notamment l’énergie et les matières premières libellées en dollars – mécaniquement moins chères. De l’autre, cette appréciation pénalise la compétitivité des entreprises exportatrices européennes, dont les produits deviennent plus onéreux pour les acheteurs internationaux. C’est cet équilibre fragile que la BCE tente de préserver en figeant ses taux, évitant ainsi de restreindre davantage l’activité économique.
L’emploi wallon sous de bons auspices pour 2026
Si le contexte européen invite à la prudence, les perspectives régionales en Belgique montrent une certaine robustesse. Selon une étude publiée par le Forem ce jeudi, les voyants sont au vert sur le marché du travail au sud du pays. Les entreprises wallonnes affichent un optimisme mesuré avec au moins 88 000 projets de recrutement planifiés pour l’année 2026.
L’analyse de l’office wallon de la formation professionnelle et de l’emploi souligne toutefois un défi structurel persistant : l’adéquation entre l’offre et la demande. En effet, la moitié de ces intentions d’embauche cible des profils spécifiques, souvent techniques ou en pénurie, ce qui pourrait compliquer la tâche des recruteurs si les compétences disponibles ne s’alignent pas rapidement avec les besoins du marché.
Tensions sociales et actualité judiciaire en Belgique
L’activité économique belge doit cependant composer avec des frictions sociales immédiates. Le réseau de bus TEC subit ce jeudi de fortes perturbations en raison d’un mouvement de grève. Ce climat social tendu pèse sur la mobilité des travailleurs et des usagers, alors que des négociations cruciales entre la direction et les syndicats sont programmées dans la journée pour tenter de sortir de l’impasse.
Sur le plan politico-judiciaire, une page importante se tourne. Le parquet général de Bruxelles a confirmé l’abandon définitif des poursuites à l’encontre de l’ancienne ministre Joëlle Milquet et de ses collaborateurs. Cette décision, qui fait suite à une transaction pénale, met un terme à une longue instruction qui a marqué la vie politique belge ces dernières années. Le principe de la transaction permet d’éteindre l’action publique moyennant le paiement d’une somme, sans pour autant valoir reconnaissance de culpabilité au sens strict d’un jugement classique.
Innovation et société
Dans le secteur technologique, l’application d’identification numérique Itsme, devenue incontournable pour les transactions administratives et bancaires en Belgique, déploie ce jeudi de nouvelles fonctionnalités visant à renforcer l’expérience utilisateur et la sécurité.
Enfin, cette journée du 5 février marque la Journée francophone de prévention du suicide. À cette occasion, le Centre de prévention lance un appel à la solidarité pour recruter de nouveaux bénévoles, rappelant que la santé mentale reste un enjeu de santé publique majeur, en marge des considérations purement économiques.
Entre une politique monétaire européenne attentiste et une dynamique locale contrastée, ce début d’année 2026 confirme que la reprise économique reste tributaire d’équilibres précaires, tant sur les marchés financiers que sur le front social.



