Alors que les analystes dressent le bilan financier de l’année écoulée, 2025 s’impose comme un point de bascule pour les métaux précieux, marquée par des sommets historiques pour l’or et une tension extrême sur les stocks d’argent métal.
Ce début d’année 2026 marque l’heure des comptes pour les investisseurs en métaux précieux. Si l’or continue de briller par sa stabilité et ses nouveaux sommets, c’est bien l’argent métal qui suscite les interrogations les plus vives quant à sa disponibilité physique à long terme. Entre records de prix et épuisement géologique annoncé de longue date, retour sur une année 2025 charnière.
La fièvre de l’or se confirme en région
L’année qui vient de s’écouler restera gravée dans les tablettes des courtiers. Selon les observations rapportées par Change Devises en ce mois de janvier 2026, 2025 est qualifiée d’année record pour le métal jaune, une tendance particulièrement visible sur le marché local à Amiens. Cette dynamique locale reflète un engouement plus large à l’échelle européenne : face aux incertitudes économiques persistantes, les épargnants francophones et belges ont massivement plébiscité la valeur refuge par excellence.
L’argent métal : une percée fulgurante vers les 1100 €
Si l’or a tenu son rang, le « métal du pauvre » a connu une année 2025 électrique. Le 17 juillet dernier, le cours de l’argent a franchi un cap symbolique, atteignant le prix de 1072 € le kilo. Ce niveau n’avait plus été observé depuis cinq ans, confirmant le retour en grâce de ce métal industriel et monétaire.
À l’époque, les analystes relayés par Change Devises estimaient que l’argent avait le potentiel pour égaler son record mondial de 2014 — soit 1100 €/kg — avant la fin de l’année 2025. Cette pression haussière sur les cours ne semble pas être un épiphénomène, mais plutôt la conséquence de fondamentaux de marché de plus en plus tendus.
Vers un épuisement géologique des mines d’argent ?
La hausse des prix observée en 2025 pourrait bien trouver sa source dans une raréfaction physique du métal, anticipée depuis plus d’une décennie. Une analyse prospective réalisée par la société Euporos SA dès 2011 prévoyait que la production minière d’argent se tarirait ou diminuerait de manière drastique aux alentours de 2025. Nous y sommes.
Cette prévision s’appuie sur une observation alarmante de l’évolution des stocks mondiaux sur le siècle dernier. Entre 1900 et 2010, une inversion majeure s’est opérée :
- Les stocks d’or ont été multipliés par cinq, passant de 1 à 5 milliards d’onces.
- À l’inverse, **les réserves d’argent ont fondu, chutant de 12 milliards à seulement 1 milliard d’onces.**
Contrairement à l’or, qui est stocké et thésaurisé dans les coffres des banques centrales et des particuliers, l’argent est un métal industriel consommé et souvent non recyclé (électronique, panneaux solaires, médecine). Cette consommation destructrice explique la fonte des stocks disponibles.
Un déficit structurel identifié dès 1965
Cette problématique de déséquilibre entre l’offre et la demande n’est pas nouvelle, mais elle atteint aujourd’hui un point critique. Déjà le 23 juillet 1965, le président américain Lyndon B. Johnson abordait cette question lors de l’annonce du retrait des pièces en argent de la circulation aux États-Unis.
Dans ce discours, cité par Euporos SA, le président américain justifiait cette mesure drastique par un constat implacable : « La consommation mondiale est deux fois supérieure à l’extraction annuelle. »
Soixante ans plus tard, la prophétie géologique semble se réaliser. Avec des stocks mondiaux au plus bas et une demande industrielle qui ne faiblit pas, la pression sur les cours observée tout au long de 2025 pourrait n’être que les prémices d’une réévaluation majeure du prix de l’argent physique.
Qu’est-ce que le ratio Or/Argent ?
Dans le monde de l’investissement, ce ratio mesure combien d’onces d’argent sont nécessaires pour acheter une once d’or. Historiquement fixé autour de 15 pour 1 (notamment dans le système bimétallique), ce ratio s’est considérablement écarté au XXe siècle. Cependant, au regard de la rareté géologique actuelle (où l’argent devient plus rare que l’or en termes de stocks disponibles), de nombreux experts estiment que ce ratio devrait logiquement se resserrer, favorisant une appréciation du cours de l’argent.



