Après avoir brisé tous les records en 2025, le métal jaune ne semble pas vouloir s’arrêter. Alors que le cours a dépassé les 4 500 dollars en décembre, HSBC et d’autres grandes banques anticipent désormais un franchissement du seuil psychologique des 5 000 dollars dès le premier semestre 2026.
C’est une performance qui donne le vertige et qui restera dans les annales des marchés financiers. Sur l’ensemble de l’année 2025, l’or a enregistré une hausse spectaculaire de plus de 60 %. Ce véritable « rush » vers la valeur refuge a vu l’once franchir pour la première fois la barre symbolique des 4 000 dollars le 8 octobre 2025, avant de terminer l’année sur un sommet historique à 4 548 dollars fin décembre.
En ce début de mois de janvier 2026, la question sur toutes les lèvres des investisseurs belges et européens est simple : jusqu’où la « relique barbare » peut-elle monter ? Les institutions financières multiplient les analyses, dessinant un paysage contrasté entre euphorie continue et nécessaire stabilisation.
HSBC et J.P. Morgan visent des sommets inédits
Selon les dernières projections publiées par HSBC ce 8 janvier, l’or pourrait atteindre 5 000 dollars l’once au cours du premier semestre 2026. Pour justifier cette cible ambitieuse, les analystes de la banque mettent en avant la persistance des risques géopolitiques mondiaux ainsi que l’intensification des pressions fiscales qui pèsent sur les économies occidentales.
Ce scénario haussier est partagé, voire amplifié, par d’autres poids lourds de la finance. Bank of America (BofA) envisage également ce potentiel d’atteindre les 5 000 dollars, tablant sur un prix moyen de 4 538 dollars pour l’année en cours. De son côté, la banque d’affaires américaine J.P. Morgan se montre la plus optimiste du consensus, ciblant une fourchette comprise entre 5 200 et 5 300 dollars.
Goldman Sachs reste également dans le camp des « taureaux » (investisseurs pariant sur la hausse), avec un objectif fixé à 4 900 dollars. Ces prévisions suggèrent que le moteur de la hausse, alimenté par l’incertitude économique, a encore du carburant.
Prudence et stabilisation : l’autre son de cloche
L’euphorie n’est toutefois pas unanime au sein de la communauté financière. Après une hausse de 60 % en un an, certains experts anticipent une phase de digestion ou de consolidation.
Deutsche Bank et Morgan Stanley adoptent une posture plus conservatrice, prévoyant respectivement des cours autour de 4 450 dollars et 4 500 dollars pour 2026. Ces niveaux impliqueraient une stagnation, voire un léger repli par rapport au pic historique de fin décembre 2025. ING se montre encore plus réservée, projetant un prix moyen de l’or à 4 150 dollars l’once pour l’année.
Cette vision prudente s’aligne avec le scénario de base du Conseil mondial de l’or (World Gold Council). L’organisme privilégie une performance stable pour 2026, estimant que les variations devraient rester comprises entre -5 % et +5 %. Pour l’investisseur particulier, ce discours invite à la mesure : les arbres ne montent pas jusqu’au ciel, et une pause pourrait être salutaire pour le marché.
Analyse technique : les seuils à surveiller en janvier
Au-delà des prévisions fondamentales, l’analyse technique (l’étude des graphiques de prix) fournit des repères immédiats pour ceux qui gèrent leur patrimoine de manière active.
En ce début d’année, une zone de support clé est identifiée entre 4 350 et 4 380 dollars.
N.D.L.R. : En jargon financier, un « support » est un niveau de prix sur lequel le cours a tendance à rebondir, la demande devenant plus forte que l’offre, empêchant ainsi le prix de baisser davantage.
À l’inverse, la résistance majeure se situe à 4 500 dollars. Si le cours parvient à se maintenir durablement au-dessus de ce niveau, la voie vers les records annoncés par HSBC pourrait s’ouvrir techniquement.
L’argent métal suit la tendance
Si l’or capte la lumière, son « petit frère », l’argent métal, n’est pas en reste. Malgré une baisse de la demande industrielle estimée à 11 %, Bank of America prévoit que l’argent pourrait atteindre une moyenne de 60 dollars l’once. Cette dynamique confirme l’intérêt global pour les métaux précieux dans le contexte actuel. Par ailleurs, sur le front des métaux industriels, l’aluminium est attendu autour de 3 125 dollars la tonne.
Entre protection du pouvoir d’achat et spéculation sur les tensions internationales, l’or entame 2026 sur des bases élevées. Reste à savoir si la dynamique géopolitique validera les prévisions les plus audacieuses des banques d’investissement.



